Cameron Trew a quitté son job de Senior Engineer à Londres, est retourné vivre chez ses parents, et trois mois plus tard atteignait 62k$ de revenus mensuels récurrents avec Kleo. Voici ce que son parcours révèle sur ce qui fonctionne vraiment dans l’indie hacking.

Le contexte

Cameron avait tout sur le papier : Senior Engineer, appartement au 33ème étage à Canary Wharf, salaire confortable. Mais il ne construisait rien qui lui appartenait. Les promotions avaient perdu leur attrait. Il a pris la décision de tout quitter pour lancer quelque chose à lui.

Kleo est un outil de création de contenu LinkedIn propulsé par l’IA. La v1 était une extension Chrome gratuite qui scrapait les données LinkedIn pour montrer ce qui marchait dans une niche donnée. Elle avait 60k utilisateurs avant de recevoir un cease-and-desist de LinkedIn.

Plutôt que d’abandonner, Cameron a reconstruit le produit from scratch en quatre semaines. La v2 est devenue un SaaS payant à 99$/mois. Résultat : 62k$ MRR en trois mois, sans publicité, sans lancement Product Hunt.

Ce qui a fait la différence

La distribution avant tout

Le cofondateur Jake Ward avait 180k followers LinkedIn. Lara Acosta en avait 300k. Leur audience était exactement le persona cible : des créateurs LinkedIn.

Avant même de lancer, ils avaient une waitlist. Lara a fait trois webinars pré-lancement qui ont généré 5k$+ chacun. Jake et Rob créaient du contenu viral en utilisant l’outil. Pas de stratégie marketing complexe — juste des gens avec une audience qui utilisaient leur propre produit et montraient les résultats.

La leçon est brutale mais vraie : le meilleur produit du monde ne sert à rien si personne ne sait qu’il existe. La distribution n’est pas une étape après le produit — c’est une condition préalable.

Ship fast, listen harder

La première version fonctionnelle a été construite en quatre semaines. Imparfaite, mais suffisante pour la mettre entre les mains de vrais utilisateurs.

Ensuite, 500 places beta à prix réduit. Vendues en quatre jours. Quatre semaines de corrections et d’ajouts basés sur les retours. Puis 500 places de plus. Vendues en neuf jours.

La priorisation était stupidement simple : une liste unique, du haut vers le bas. Bugs d’abord, ensuite les features que les utilisateurs demandaient — pas celles que l’équipe pensait cool. Quand les utilisateurs galéraient à remplir leur profil, ils ont simplifié. Quand ils voulaient parler leurs idées au lieu de taper, ils ont ajouté la reconnaissance vocale.

L’IA comme multiplicateur

Cameron code depuis plus de dix ans. Quand les outils comme Claude Code sont arrivés, tout a changé. Des années d’expérience lui permettaient de savoir exactement comment les utiliser : architecturer les solutions, reviewer ce que l’IA produit, repérer les erreurs rapidement.

La combinaison expérience profonde + outils IA lui a permis de construire Kleo en solo d’une manière qui n’aurait pas été possible il y a quelques années.

La confiance comme moteur de croissance

L’équipe partageait les coulisses sur LinkedIn. Les updates, les galères, les victoires. Une communauté Slack privée permettait aux beta users de parler directement avec eux. Quand quelqu’un reportait un bug, Cameron le fixait souvent en quelques heures et prévenait personnellement l’utilisateur.

Les gens voyaient qu’il ne s’agissait pas d’une entreprise sans visage, mais de personnes réelles qui construisaient quelque chose et qui traitaient les retours comme de l’or.

Pourquoi c’est pertinent pour les indie hackers

Cette histoire illustre parfaitement ce qui sépare les projets qui décollent de ceux qui stagnent.

La distribution n’est pas optionnelle

La plupart des indie hackers — moi inclus — ont tendance à penser “je construis d’abord, je distribue ensuite”. Cameron montre l’inverse : sans audience ou partenariat avec quelqu’un qui en a une, la croissance est exponentiellement plus dure.

Pour ceux qui n’ont pas 400k followers combinés, la question devient : comment construire cette distribution avant ou pendant le développement du produit ? Content marketing, communautés, partenariats, présence sur les réseaux — c’est du travail de fond qui paie sur le long terme.

L’expérience technique reste un avantage

L’IA démocratise le développement, mais l’expérience reste un multiplicateur. Cameron utilise Claude Code efficacement parce qu’il a dix ans de recul pour savoir quoi demander et quoi vérifier. Un débutant qui prompte sans comprendre le code généré va accumuler de la dette technique sans s’en rendre compte.

C’est un rappel important : les outils IA accélèrent, mais ne remplacent pas la compréhension.

La simplicité gagne

Une liste de priorités. Bugs d’abord. Features demandées par les utilisateurs ensuite. Pas de project management sophistiqué. Pas d’over-engineering. Des outils qui marchent out of the box (Vercel, Clerk, Neon).

Cette simplicité permet de shipper vite et d’itérer sur ce qui compte vraiment.

Quand cette info me sera utile

Ce parcours m’inspire pour plusieurs raisons. D’abord, il confirme que la distribution doit être pensée dès le début — pas après avoir fini de coder. Ensuite, il montre qu’un solo dev expérimenté avec les bons outils peut construire un produit compétitif rapidement.

Pour mes futurs projets, je retiens trois choses :

  • Construire une audience ou m’associer avec quelqu’un qui en a une avant de lancer
  • Garder la stack simple et optimisée pour la vitesse
  • Écouter ce que les utilisateurs font, pas ce que je pense qu’ils veulent

L’objectif n’est pas de copier Kleo, mais d’appliquer les mêmes principes : distribution first, ship fast, iterate based on real feedback.

Source : Indie Hackers